Pour
la plupart des élèves, la première utilisation
qui sera faite de la vidéoconférence dans le cadre de
l'ÉÉR marquera leur premier contact avec cet outil de
communication. Similairement à ce qui est susceptible de se
produire lorsque nous faisons face à une situation qui nous
est inconnue, les élèves risquent de manifester certains
comportements qui s'amenuiseront au fil du temps. À titre d'exemple,
ils peuvent éprouver de la gêne à prendre contact
avec des personnes qu'ils ne connaissent pas. Ils peuvent aussi être
intimidés par l'outil lui-même et ressentir un certain
inconfort du fait de devoir parler " à travers "
un ordinateur pour entrer en communication avec quelqu'un. Si l'utilisation
de la vidéoconférence offre des possibilités
riches en interactions sociales, encore faut-il se donner le temps
de s'y habituer et de faire en sorte qu'elle fasse partie des routines
de la classe.
Pour
faciliter cette adaptation, plusieurs choix sont envisageables. À
titre d'exemple, l'enseignant peut prendre du temps pour présenter
l'outil aux élèves et pour discuter avec eux avant de
l'utiliser. Procéder en quelque sorte à une mise en
contexte visant à expliquer l'utilité et la pertinence
de la situation d'apprentissage à laquelle ils prendront part
à l'aide de l'outil. Au cours de l'année d'implantation
de l'ÉÉR, lors du premier contact avec une classe distante,
il a été remarqué que la plupart des enseignants
débutaient l'activité par une présentation des
élèves afin qu'ils puissent non seulement s'apprivoiser
en tant que nouveaux partenaires de travail, mais aussi s'adapter
aux particularités de la communication orale en réseau.
En effet, celle-ci implique des subtilités différentes
de la communication orale en face à face et la tenue d'une
telle activité d'introduction a semblé favoriser la
prise de contact autant avec l'outil qu'avec les partenaires. Bien
entendu, les élèves ne seront pas parfaitement à
l'aise après une seule séance; c'est au fil des utilisations
qu'ils le deviendront.
Il a
été observé que les élèves ont
tendance à se désintéresser rapidement des séances
de présentation qui se déroulent en grand groupe, probablement
parce qu'ils y sont peu actifs et qu'ils doivent essentiellement se
contenter d'être spectateurs. Considérant cela, la formation
d'équipes pourrait constituer une alternative à explorer.
Cela encouragerait probablement davantage les échanges entre
les élèves et la spontanéité de la communication.
De plus, il a été remarqué que la présence
d'une personne compétente en vidéoconférence
qui connaît déjà les partenaires lors de leur
premier contact est appréciée par ceux-ci. Cette présence
a souvent été assurée, à titre d'exemple,
par un membre de l'équipe de recherche-intervention qui jouait,
entre autres, le rôle d'aiguilleur de la conversation.
