Méthodes
et stratégies pour que les échanges soient efficaces
À
la lumière des observations faites durant la première
année du projet École éloignée en réseau,
quelques caractéristiques des échanges entre les élèves
ont été identifiées.
Quelques
caractéristiques d’échanges réussis :
1. Délai raisonnable entre une question et une réponse
obtenue à cette question
2. Questions qui viennent de tous les intervenants, pas seulement d’un
seul
3. Absence de signes laissant croire que la réponse obtenue n’est
pas satisfaisante
Quelques
caractéristiques d’échanges moins réussis
:
1. Questions qui viennent d’une seule personne
2. Questions qui n’obtiennent pas de réponse
3. Nombreux signes de brisure dans la conversation
4. Signes d’incompréhension des participants
5. Abandon de la conversation de l’un des participants
Avec ces
caractéristiques en tête, les intervenants qui sont présents
lors de l’activité de clavardage peuvent mieux comprendre
la progression des échanges et ainsi apporter du soutien aux
élèves qui en ont besoin alors qu’ils sont en train
de clavarder. Ces caractéristiques peuvent aussi aider l’enseignante
ou l'enseignant à soutenir les élèves dans le développement
de leurs compétences à communiquer par le biais de cet
outil.
Afin de
faciliter la communication entre les élèves, il apparaît
utile de dégager certaines normes. Par exemple :
1) Alterner les réponses et les questions entre les élèves
de sorte que les questions ne viennent pas toutes d’un seul intervenant
et que tous aient leur chance de s’exprimer
2) Poser une question à la fois et attendre la réponse
de son interlocuteur avant de poursuivre
3) Indiquer à son interlocuteur lorsqu’on doit quitter
ou interrompre momentanément la conversation
4) Manifester son incompréhension quand cela est nécessaire
5) Soigner son orthographe pour bien se faire comprendre
Au sujet
de l’orthographe, il se dégage des observations dans des
classes secondaires qu’un « langage » propre au clavardage
existe. Bien qu’on souhaite que les élèves adoptent
des habitudes d’écriture qui correspondent aux règles
d’usage, il reste que ce langage existe avec ses signes et ses
particularités. Pour éviter que l’imposition de
normes trop difficiles à surmonter pour les élèves
ne les décourage tout à fait de l’écriture,
on peut s’entendre avec les élèves pour qu’ils
adoptent une orthographe d’usage lors des échanges orientés
sur la tâche ou encore lorsqu’ils interagissent avec les
enseignantes et enseignants ou tout autre intervenant.
Autre fait
à noter, on a pu observer dans les échanges d’élèves
du primaire les élèves définissent entre eux un
régime de compétence (Wenger, 1998) lié à
l’utilisation du clavardage. Par régime de compétence
on entend la négociation partagée de ce qui constitue
une pratique compétente en clavardage, i.e., les élèves
négocient et développent entre eux ce qui devient une
participation compétente à la pratique du clavardage.
Par exemple, il arrive que des élèves reconnaissent l’importance
de soigner l’orthographe pour se faire comprendre, l’un
en s’excusant à l’avance pour ses erreurs, l’autre
en manifestant son incompréhension et en l’associant à
l’orthographe «inventif» de son interlocuteur. Ainsi
l’importance d’utiliser une orthographe correcte n’est
pas seulement véhiculée par l’enseignante ou l'enseignant
mais aussi par les élèves entre eux.
Quelques
exemples d’échanges entre des élèves de niveau
primaire (2ème cycle);
Exemple
1

Exemple 2

Exemple
3


|